La désinformation – (pourquoi autant de trucs faux sur Internet)

Internet, il est vrai, offre la capacité à tout un chacun, quelles que soient ses intentions (de nuire ou non) d’exprimer et de diffuser de l’information. Et si la mouche de la parano vous pique, vous serez bien vite tenté de croire qu’Internet est le lieu de la désinformation à outrance. Qu’il faut réguler tout ça et blablabla.

Mais il faut prendre un peu de recul. Ce n’est pas parce que l’on peut s’exprimer librement que tout le monde obtient d’un coup de baguette magique la même légitimité, confiance, et donc la même audience.

Arriver à être lu et entendu sur internet, nécessite en effet un travail de longue haleine que tout le monde ne réussit pas. Tout d’abord, il faut savoir faire preuve d’une certaine transparence vis à vis de ses sources. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser le statut de celui qui s’exprime reste un facteur important.

De plus, ce que trop de gens ont tendance à oublier, c’est que sur internet, l’information ne se construit pas en mode one shot (contrairement aux médias traditionnels), mais en mode discursif, voire de plus en plus collaboratif : c’est tout l’intérêt des commentaires de blogs. Lorsqu’une fausse information apparait sur un blog, la possibilité est normalement offerte à tous de l’amender, de la dénoncer, et même d’y apporter des corrections.

Personne ne s’alarme quand un média « old school » annonce un faux scoop sur Internet, que ce soit le média en question qui s’est stupidement précipité en n’ayant pas su intégrer le petit temps de recul nécessaire (et suffisant) pour que l’autorégulation collective puisse infirmer ou confirmer l’info à l’échelle de la source. Cet empressement pointe du doigt la fébrilité de ces média  en perte de vitesse que l’avidité à diffuser l’information avant leurs concurrents pousse à l’erreur. Les dégâts sont souvent immenses, quand l’Internet, fustigé à ce moment-là comme la cause du bad buzz, secrète en quasi temps réel  une correction immanente au support. Paradoxalement donc, la réactivité du web communautaire est passée sous silence quand un grand média est seul coupable d’irresponsabilité : prendre à l’état brut une information écrite sur le web social c’est à peu près aussi stupide que prendre pour argent comptant tout ce que j’ai pu entendre au café du commerce.

Finalement, pourquoi les gens écrivent des trucs visiblement faux sur Internet.
1) Pour faire du buzz. Ça fait des clics, et donc des revenus publicitaires.
2) Pour faire de la désinformation. Certains arrangent un peu la réalité pour convaincre et justifier leurs opinions.